On raconte que c’est grâce aux éditions clandestines du samizdat – et donc, sans nom d’auteur – que fut introduite en Union soviétique la traduction du Procès. Les lecteurs pensèrent, dit-on, qu’il s’agissait de l’œuvre de quelque dissident, car ils découvraient, dès le premier chapitre, une scène familière : l’arrestation au petit matin, sans que l’inculpé se sût coupable d’aucun crime, les policiers sanglés dans leur uniforme, l’acceptation immédiate d’un destin apparemment absurde, etc. Kafka ne pouvait espérer une plus belle consécration posthume. Et pourtant, les lecteurs russes se trompaient. Le projet de Kafka n’était pas de dénoncer un pouvoir tyrannique ni de condamner une justice mal faite. Le procès intenté à Joseph K., qui ne connaîtra pas ses juges, ne relève d’aucun code et ne pouvait s’achever ni sur un acquittement ni sur une damnation, puisque Joseph K. n’était coupable que d’exister. Crime capital et à la fin du livre, deux » messieurs » l’emmèneront dans une carrière abandonnée et le tueront » comme un chien « .

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non retenu · octobre 2026
Le Procès
1925 · Flammarion · 309 pages
note du club · sur 10
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Il a été proposé lors d’un scrutin sans être retenu. Il reste dans la liste : rien n’empêche de le lire de son côté, ni de le reproposer.
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